« Les autismes, pas la pensée unique »

L’association PREAUT, depuis sa création en 1998, et sur la base de l’expérience clinique accumulée par ses praticiens auprès des bébés, de leurs parents, et des équipes de terrain qui aident à leur construction psychique, entend prendre clairement position dans le débat actuel concernant la condition et la prise en charge des personnes autistes :

En ce qui concerne les facteurs étiologiques des autismes, PREAUT :

– Prend en compte l’existence d’un éventail de facteurs neurodéveloppementaux endogènes pouvant induire la constitution des troubles autistiques,

– Rappelle que, comme pour tout enfant en développement, les facteurs épigénétiques, dont l’environnement affectif proche, sont également à prendre en compte dans la

compréhension du déclenchement et de l’expression des troubles autistiques,

– Insiste sur la précocité et la circularité des distorsions de la relation parents-enfant qui se mettent en place, et sur le caractère le plus souvent secondaire de la détresse des

parents et de leur difficulté à venir en aide à leur enfant,

– Propose, dans les cas où une évolution autistique est suspectée chez un bébé, des modalités spécifiques et très précoces de soutien et d’élaboration psychothérapeutique

du lien parent-enfant, dont elle est en mesure de montrer l’efficacité de manière objective,

– Conduit une recherche à grande échelle pour valider des outils de repérage des signes précoces de retrait relationnel du bébé, et milite pour la qualité de ce repérage précoce

par les professionnels de la petite enfance et même par les parents ;

Sur le plan des prises en charge et de leur évaluation, PREAUT :

– Soutient la diversité des facteurs étiologiques et pronostics des troubles autistiques, dont l’évolution spontanée est très variable,

– participe au courant de pensée et de pratiques issues de la psychanalyse qui accepte le principe d’une évaluation pluridisciplinaire réfléchie de l’évolution des personnes

autistes dans différentes formes de soins,

– accepte par principe la diversité des formes de prises en charge, et la liberté des familles à les choisir, à défaut que les enfants autistes puissent véritablement le faire,

mais en tenant compte de la manière dont ils perçoivent les propositions des adultes,

– s’inscrit là aussi par principe dans une logique de recherche et d’ouverture aux propositions innovantes dans la prise en charge des autistes, à condition que ces

innovations n’aboutissent pas à interdire les pratiques qui jusqu’à présent ont été considérées comme suffisamment pertinentes par les professionnels comme par une

grande majorité des familles,

– soutient la revendication des familles d’accéder, qualitativement mais surtout quantitativement aux prises en charge coûteuses que nécessite cette grave et durable

pathologie, en face de laquelle l’absence de réponse par la collectivité est inacceptable.

Sur le plan de la recherche thérapeutique :

PREAUT ne se contente pas de reconnaitre l’utilité des prises en charges éducatives structurantes, mais a créé et évalue concrètement la pertinence des instruments pour la prise en charge intégrative des enfants autistes :

– Dans une unité d’intervention à domicile, l’UDAP,

– Par la mise en place d’une série d’Unités Pédagogiques, où sont mises en œuvre les méthodes cognitives et comportementales, articulées et réfléchies en parallèle avec la

prise en charge psychodynamique individuelle des enfants.

Ces deux unités s’inspirent entre autre des savoirs cognitifs et comportementalistes. La psychanalyse y trouve sa place par son interrogation sur le désir du sujet, interrogation valable pour les autistes comme pour tout être humain. L’orientation de PREAUT étant clairement d’associer, d’intégrer, et non d’opposer ces deux approches qu’elle estime complémentaires.

En ce qui concerne la campagne médiatique visant à interdire l’utilisation des repères psychanalytiques dans les différentes pratiques auprès des autistes, PREAUT :

– Dénonce de la manière la plus ferme l’utilisation délibérée, calculée et intensive par certaines associations de méthodes de lobbying agressif et de désinformation du public, associant la délation, les attaques ad hominem de professionnels de santé de grand renom, les affirmations outrancières ou carrément mensongères concernant tant les personnes que les institutions,

– Rappelle qu’en ce qui concerne les troubles autistiques, trop d’inconnues demeurent, trop d’hypothèses restent à vérifier pour que qui que ce soit puisse prétendre posséder

à lui seul une vérité unique au détriment des autres approches, et que quelque pratique que ce soit puisse revendiquer être la seule efficace pour aider les personnes autistes et

leurs familles.

– Remarque que l’utilisation de l’intimidation et l’appel à la contrainte de la loi pour tenter d’imposer ses seules convictions dans un domaine comme l’autisme est en soi

un indice qui devrait faire réfléchir sur la qualité éthique d’un courant ou d’une organisation qui a recours à de telles méthodes.

Le Comité de Rédaction

des Cahiers de PREAUT